18 décembre 2015

Interview de Netch, auteur de Bulbox

Netch, vous êtes scénariste et dessinateur de Bulbox. Vous rêviez de devenir scientifique fou quand vous étiez petit ? ( rires ) D’où vous est venue l’idée saugrenue de coloniser le cerveau d’un pauvre type sympa ?

Non, je n’ai jamais rêvé de devenir scientifique ! Par contre j’ai toujours adoré les univers scientifiques que ce soit dans les bandes dessinées, dans les dessins animés ou dans les films.
Ce genre d’univers m’inspire beaucoup et me permet d’amener des éléments tels que des machines farfelues ou même des dinosaures dans un quotidien tout à fait ordinaire.
Au départ, je voulais créer un projet avec deux personnages qui vivent ensemble mais qui ne se supportent pas. Il fallait que je trouve une particularité pour rendre l’idée originale.
J’avais griffonné dans un carnet un cerveau s’échappant de la tête d’un chien. J’ai ensuite dessiné au cerveau un visage, des jambes, des bras et je l’ai relié au chien par un cordon pour qu’ils soient inséparables.
J’avais trouvé l’originalité de mon projet.
Je voulais deux personnalités opposées qui me permettraient de créer des situations comiques. Carl, le chien un peu idiot et gourmand et Herbert, un cerveau très brillant.
Carl étant idiot, son cerveau ne pouvait donc pas être intelligent. C’est pourquoi, la greffe du scientifique était indispensable pour que le projet soit cohérent.


Il n’y a rien de plus difficile que de faire rire en une planche. Pouvez-vous nous parler des contraintes d’écriture de la bd d’humour à la planche, quand il y a en plus une narration à poursuivre ?


Le gag est la forme d’écriture dans laquelle je me sens le plus à l’aise.
L’une des principales contraintes de l’écriture de la bd d’humour est que le gag doit être fluide et compréhensible dès sa première lecture. De même pour le dessin, il doit être lisible et très clair.
Si le lecteur doit relire le texte ou revenir sur le dessin d’une case, le gag est raté. Je fais toujours lire mes scénarios à plusieurs personnes. Si l’une d’entre elles cale sur un scénario, je le re-travaille ou je le jette.
Poursuivre une narration me rend la tâche encore plus facile car j’établis une ligne du temps à suivre, ce qui me permet de rebondir de situations en situations.


Quelles sont les différentes étapes de votre travail ? Vous travaillez seulement sur ordinateur ou vous avez une base en traditionnel ?

Je dessine tout en traditionnel, je n’ai jamais aimé travailler à l’ordinateur et dépendre d’une machine pour créer.
J’aime le dessin sur papier, voir l’encre apparaître à travers mon pinceau et voir tous ces personnages s’animer comme par magie sur une feuille.
Je ne retrouve pas cette sensation sur un ordinateur.

Pour commencer, je fais un découpage rapide de mon scénario dans un carnet (quasi illisible) que je re-dessine ensuite avec plus de détails. (Expression des personnages, décors, etc…)
Vient l’étape où je crayonne tous les personnages de chaque case sur du papier machine. Je cherche à ce que mes personnages soient le plus expressifs possible.
Je repasse à la mine bleue chaque personnage à la table lumineuse sur un papier 250gr, je place les phylactères et les décors.
Une fois le crayonné terminé, je lettre les textes des phylactères au feutre et je commence l’encrage de la page au pinceau. Certains décors et détails sont réalisés à la plume ou au feutre.
La couleur est réalisée sous Photoshop et c’est ma coloriste qui s’en charge.


Comment s’est passée la collaboration avec votre coloriste ? Elle paraît fructueuse au lecteur, il fallait s’éloigner de toute tendance réaliste, mission réussie !

 
Elle s’est très bien passée puisque Cookielie est ma compagne.
Je n’interviens sur rien, nous sommes tous les deux sur la même longueur d’onde, nous aimons les mêmes choses tant en dessins animés, qu’en bande dessinées et en peinture.
C’est pourquoi elle a quartier libre sur toutes mes pages, je lui fais entièrement confiance.
Cookielie travaille avec des couleurs très colorées et acidulées complètement assumées, ses couleurs se prêtent parfaitement à mon dessin cartoon.
Elle a une gamme de couleurs très reconnaissable qui retourne le cerveau. C’est la coloriste rêvée pour Bulbox !

Comment prévoyez-vous de faire évoluer vos personnages ?

J’ai plusieurs pistes, ce sera encore plus fou que le premier album !
Je compte amener de nouveaux éléments et aller plus loin dans le délire ainsi que profiter d’avantage de la bêtise de Carl et des inventions de Herbert.
Mais je n’en dis pas plus pour l’instant !




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Netch
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